Technologie

Wi-Fi faible dans certaines pièces : comment trouver la cause

Une pièce où tout rame alors que le reste du logement fonctionne : la méthode pour identifier d'où vient la perte de signal, et les fausses solutions à éviter.

Rédaction Cyclotop
· 6 min de lecture
Femme assise sur un canapé face à un ordinateur portable dont la connexion Wi-Fi est faible

Dans le salon, la vidéo se charge sans accroc. Deux pièces plus loin, la même vidéo s’arrête toutes les trente secondes et le téléphone finit par basculer sur la 4G. Le problème n’est presque jamais l’abonnement : c’est la façon dont le signal traverse — ou ne traverse pas — le logement.

Mesurer avant de bricoler

Avant de déplacer quoi que ce soit, il faut des chiffres. Trois mesures suffisent, prises exactement au même endroit et à la même heure de la journée.

  • Le débit à côté de la box, en Wi-Fi, via n’importe quel test de débit. C’est votre référence haute.
  • Le débit dans la pièce qui pose problème, appareil immobile, écran allumé.
  • Le débit en filaire si un câble Ethernet est possible. S’il est bon, la ligne est saine et tout le problème est dans le sans-fil.

Si le filaire plafonne lui aussi, inutile de toucher au Wi-Fi : c’est la ligne, l’équipement de l’opérateur ou le serveur distant qu’il faut regarder.

Lire la puissance du signal, pas seulement les barres

Les barres affichées sur un téléphone sont une approximation grossière. Les applications d’analyse Wi-Fi donnent une valeur en dBm, plus parlante. Pour fixer les ordres de grandeur : autour de -50 dBm le signal est excellent, vers -67 dBm il reste confortable pour de la vidéo, à partir de -75 dBm les coupures deviennent fréquentes, et en dessous de -80 dBm la connexion ne tient plus. Notez la valeur pièce par pièce, porte ouverte puis porte fermée. La chute entre deux relevés désigne l’obstacle.

Ce qui mange réellement le signal

Toutes les parois ne se valent pas. Une cloison en plaque de plâtre coûte quelques dBm, à peine perceptible. Un mur porteur en béton, une dalle entre deux étages, un conduit technique ou un placard rempli de métal peuvent faire perdre bien plus, parfois l’équivalent de deux pièces supplémentaires. Les suspects classiques, dans l’ordre où on les rencontre :

  • Le béton armé et les planchers : la ferraille noyée dans la dalle agit comme une grille.
  • Les miroirs et vitrages à isolation renforcée, qui portent une fine couche métallique et réfléchissent les ondes.
  • Les surfaces d’eau : aquarium, ballon d’eau chaude, radiateurs pleins, et par extension une cuisine équipée.
  • Le four à micro-ondes en fonctionnement, qui émet dans la même zone que le Wi-Fi 2,4 GHz.
  • Les réseaux voisins en immeuble : dix box qui parlent sur les mêmes canaux se gênent mutuellement.

Les deux fréquences ne se comportent pas pareil

Le 2,4 GHz traverse mieux les murs mais sature vite et plafonne en débit. Le 5 GHz offre un débit nettement supérieur et beaucoup moins d’interférences, mais sa portée s’écroule dès qu’un mur épais se présente. Dans une pièce éloignée, un appareil accroché en 5 GHz avec un signal très faible donne une expérience pire qu’un appareil en 2,4 GHz. C’est pourquoi un diagnostic honnête consiste à tester les deux séparément, en créant temporairement deux noms de réseau distincts si la box le permet.

Les corrections classées par efficacité

La première ne coûte rien : déplacer la box. Au sol, derrière un meuble, dans un placard ou dans un angle de l’appartement, elle perd une part considérable de sa portée. En hauteur, dégagée, à au moins un mètre des murs, et aussi centrale que possible dans la surface à couvrir, elle change souvent la donne dans deux ou trois pièces d’un coup.

Ensuite viennent, par ordre de rendement :

  1. Changer de canal en 2,4 GHz pour s’écarter des réseaux voisins, puis vérifier le gain avec un nouveau relevé.
  2. Tirer un câble Ethernet jusqu’à l’appareil fixe le plus gourmand (téléviseur, console, poste de travail). Un appareil en moins sur le Wi-Fi libère de la capacité pour les autres.
  3. Installer un second point d’accès relié en câble ou par le réseau électrique, dans la zone faible.
  4. Passer à un système multi-points si le logement dépasse une centaine de mètres carrés ou compte plusieurs étages.

Les erreurs qui coûtent du temps

Le répéteur placé dans la pièce qui capte mal est l’erreur la plus répandue. Un répéteur ne recrée pas du signal, il rediffuse ce qu’il reçoit : installé là où il n’y a presque plus rien, il rediffuse presque rien, en divisant au passage le débit disponible. Sa place est à mi-chemin, dans la dernière zone où le signal est encore correct.

Deuxième erreur : changer d’abonnement pour régler un problème de couverture. Passer de 100 Mb/s à 1 Gb/s ne modifie rien dans une pièce où le signal n’arrive pas. Troisième erreur : accumuler les répéteurs en cascade, chaque maillon coupant à nouveau le débit. Enfin, orienter les antennes au hasard donne rarement un résultat mesurable, et laisser le Wi-Fi invité actif en permanence consomme une partie du canal pour rien.

Un cas particulier mérite attention : un appareil ancien, limité à une norme dépassée, peut ralentir l’ensemble du réseau en occupant le canal plus longtemps que nécessaire. Si un vieil équipement traîne sur le réseau, l’isoler sur le 2,4 GHz pendant qu’on teste change parfois les mesures de façon surprenante. Le même genre de vérification élémentaire s’applique d’ailleurs à beaucoup de pannes d’appareils mobiles — pour un téléphone, par exemple, vérifier son état de déblocage évite de chercher un problème de réseau là où il n’y en a pas.

Quand le problème vient d’ailleurs

Si le débit s’effondre partout, à heures fixes, et y compris en filaire, la cause est en amont : saturation du quartier en fin de journée, équipement vieillissant, câblage intérieur douteux. Un relevé fait trois jours de suite à la même heure permet de le prouver avant d’appeler le support. Et si votre connexion sert à héberger ou administrer quelque chose, la stabilité compte davantage que le débit de pointe : c’est un point à anticiper dès qu’on envisage de créer son propre site web ou de travailler depuis chez soi, comme le rappellent les contraintes concrètes de la gestion quotidienne en freelance.

Questions frequentes

Faut-il éteindre la box chaque nuit ?

Ce n’est utile que pour le confort personnel. Un redémarrage occasionnel peut relancer un choix de canal plus favorable, mais éteindre tous les soirs n’améliore pas la couverture.

Un répéteur ou un système multi-points ?

Un répéteur suffit pour prolonger une seule zone limitrophe. Au-delà de deux pièces à couvrir, ou dès qu’il y a un étage, un système multi-points relié par câble donne un résultat bien plus stable.

Pourquoi mon téléphone reste accroché à un signal faible ?

Beaucoup d’appareils conservent le réseau auquel ils sont connectés tant qu’il n’est pas complètement perdu. Désactiver puis réactiver le Wi-Fi en arrivant dans la pièce force un nouveau choix de point d’accès.

Le boîtier par le réseau électrique fonctionne-t-il vraiment ?

Il donne de bons résultats quand les deux prises sont sur le même circuit et sans multiprise intermédiaire. Entre deux tableaux différents ou sur une installation ancienne, le débit obtenu peut être très décevant.

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